A Half Century of Conflict, Volume II
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Francis Parkman >> A Half Century of Conflict, Volume II
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The French and their allies left the Hoosac at the point where they had
reached it, and retraced their steps northward through the forest, where
there was an old Indian trail. Recrossing the Batten Kill, or "River of
Saratoga," and some branches of Wood Creek, they reached the place where
they had left their canoes, and found them safe. Rigaud says: "I gave leave
to the Indians, at their request, to continue their fighting and ravaging,
in small parties, towards Albany, Schenectady, Deerfield, Saratoga, or
wherever they pleased, and I even gave them a few officers and cadets to
lead them." These small ventures were more or less successful, and
produced, in due time, a good return of scalps.
The main body, now afloat again, sailed and paddled northward till they
reached Crown Point. Rigaud rejoiced at finding a haven of refuge, for his
wounded arm was greatly inflamed: "and it was time I should reach a place
of repose." He and his men encamped by the fort and remained there for some
time. An epidemic, apparently like that at Fort Massachusetts, had broken
out among them, and great numbers were seriously ill.
Norton was lodged in a French house on the east side of the lake, at what
is now called Chimney Point; and one day his guardian, De Muy, either
thinking to impress him with the strength of the place, or with an amusing
confidence in the minister's incapacity for making inconvenient military
observations, invited him to visit the fort. He accepted the invitation,
crossed over with the courteous officer, and reports the ramparts to have
been twenty feet thick, about twenty feet high, and mounted with above
twenty cannon. The octagonal tower which overlooked the ramparts, and
answered in some sort to the donjon of a feudal castle, was a bomb-proof
structure in vaulted masonry, of the slaty black limestone of the
neighborhood, three stories in height, and armed with nine or ten cannon,
besides a great number of patereroes,--a kind of pivot-gun much like a
swivel. [Footnote: Kalm also describes the fort and its tower. Little trace
of either now remains. Amherst demolished them in 1759, when he built the
larger fort, of which the ruins still stand on the higher ground behind the
site of its predecessor.]
In due time the prisoners reached Montreal, whence they were sent to
Quebec; and in the course of the next year those who remained alive were
exchanged and returned to New England. [Footnote: Of the twenty-two men in
the fort when attacked, one, Knowlton, was killed by a bullet; one, Reed,
died just after the surrender; ten died in Canada, and ten returned home.
_Report of Sergeant Hawks._] Mrs. Smead and her infant daughter
"Captivity" died in Canada, and, by a singular fatality, her husband had
scarcely returned home when he was waylaid and killed by Indians. Fort
Massachusetts was soon rebuilt by the province, and held its own
thenceforth till the war was over. Sergeant Hawks became a
lieutenant-colonel, and took a creditable part in the last French war.
For two years after the incursion of Rigaud the New England borders were
scourged with partisan warfare, bloody, monotonous, and futile, with no
event that needs recording, and no result beyond a momentary check to the
progress of settlement. At length, in July, 1748, news came that the chief
contending powers in Europe had come to terms of agreement, and in the next
October the Peace of Aix-la-Chapelle was signed. Both nations were tired of
the weary and barren conflict, with its enormous cost and its vast entail
of debt. It was agreed that conquests should be mutually restored. The
chief conquest of England was Louisbourg, with the island of Cape
Breton,--won for her by the farmers and fishermen of New England. When the
preliminaries of peace were under discussion, Louis XV. had demanded the
restitution of the lost fortress; and George II. is said to have replied
that it was not his to give, having been captured by the people of Boston.
[Footnote: _N.Y. Col. Docs._, X. 147.] But his sense of justice was
forced to yield to diplomatic necessity, for Louisbourg was the
indispensable price of peace. To the indignation of the Northern provinces,
it was restored to its former owners. "The British ministers," says
Smollett, "gave up the important island of Cape Breton in exchange for a
petty factory in the East Indies" (Madras), and the King deigned to send
two English noblemen to the French court as security for the bargain.
Peace returned to the tormented borders; the settlements advanced again,
and the colonists found a short breathing space against the great
conclusive struggle of the Seven Years' War.
APPENDIX A.
CHAPTER XVII. ENGLAND HAS NO RIGHTFUL TITLES TO NORTH AMERICA, EXCEPT THOSE
WHICH MAY BE GRANTED HER BY FRANCE.
_Second Memoire concernant les limites des Colonies presenté en 1720, par
Bobé prêtre de la congregation de la Mission. à Versailles._ Archives
Nationales.
(_Extracts, printed literatim._)
"L'année Dernier 1719 je presenté un Memoire Concernant les prétensions
reciproques de la grande bretagne et de la france par Raport aux Colonies
des deux Nations dans L'Amerique, et au Reglement des limites des dites
Colonies.
"Je ne repete pas ce que j'ay dit dans ce memoire, je prie seulement que
l'on pese bien tout ce que j'y dis pour Aneantir les prétensions des
Anglois, et pour les Convaincre, s'ils veullent être de bonne foy, qu'elles
sont des plus mal fondées, trés Exorbitantes, et mêmes injustes, qu'ayant
usurpé sur La france presque tout ce qu'ils possedent en Amerique, ils
deveroient luy rendre au lieu de luy demander, et qu'ils deveroient estimer
Comme un tres grand avantage pour Eux, la Compensation que j'y propose pour
finir cette affaire, laqu'elle, sans cette Compensation, renaitra toujours
jusqu'a ce qu'enfin la france soit rentrée en paisible possession de tout
ce qui luy appartient légitimement, et dont on ne L'a depoüilleé que par la
force et La malheureuse Conjoncture des tems, qui sans doute tôt ou tard
luy seront plus favorables.
"Il Est surprenant que les Anglois entendus Comme ils sont par Raport à
leurs Interests, ne fassent pas attention qu'il Leurs est infiniment plus
Avantageux de s'assurer, par un traité raisonnable, la tranquille et
perpetuelle possession des payis ou ils etoient établis avant la paix
D'utrecht, que de vouloir profiter des Conjonctures pour oster aux françois
des payis qu'ils ne Cederont jamais de bon Coeur, et dont ils se
rempareront quand ils trouveront l'occasion favorable pour Cela, se
persuadant qu'il leur sera alors permis de reprendre par force, ce que par
force on leurs à pris, et ce qu'ils ont été obligé de Ceder a Utrecht; et
même de reprendre au moins une partie des payis que l'angleterre à usurpez
sur la france, qui ne les à jamais cedez par aucun traité que je scache....
"Jean Verazan par ordre de françois 1er fit La decouverte de tous les
payis et Costes qui sont Entre le 33e et le 47e Degre de latitude, et y
fit deux voyages dont le dernier fut en 1523 et par ordre et au nom du dit
Roy francois 1er il prit possession de toute cette Coste et de tous ces
payis, bien long tems avant que les Anglois y Eussent Eté.
"L'an 1562 Les françois s'établirent dans La Caroline. Champlain à La fin
de la relation de ses voyages fait un chapitre exprez Dans lequel il
prouve.
"1. Que La france a pris possession de toutes les Costes et payis depuis la
floride inclusivement jusqu'au fleuve St. Laurent inclusivem't, avant tout
autre prince chrêtien.
2. Que nos roys ont eu, dez le Commancement des decouvertes des lieutenans
generaux Dans ces payis et Costes.
3. Que Les françois les ont habitez avant les Anglois.
4. Que Les prétensions des Anglois sont Mal fondées.
"La Lecture De ce chapitre fait voir que Champlain prouve invinciblement
tous ces chefs, et de maniere que les Anglois n'ont rien de bon à y
repondre, de sorte que s'ils veullent être de bonne foy, ils doivent
Convenir que tous ces payis appartiennent Légitimement à la france qu'ils
s'en sont emparez et qu'ils les Retiennent Contre toute justice....
"Il Est A Remarquer que quoyque par le traité de St. germain l'angleterre
dut restituer tout ce qu'elle Avoit occupé dans la Nouvelle france, et par
Consequent toute la Coste depuis baston jusqu'a la virginie inclusivement
(car alors les Anglois ne s'etoient pas encore emparez de la Caroline)
laqu'elle Coste est Certainement partie de la Nouvelle france, les Anglois
ne l'ont pas Cependant restituée et la gardent encore a present Contre la
teneur du traité de St. Germain, quoy que la france ne L'ait point Cedée a
L'angleterre ni par le dit traité ni par Aucun Autre que je scache.
"Cecy Merite La plus serieuse attention de la france, et qu'elle fasse
Entendre serieusement aux Anglois que par le traité de St. germain ils se
sont obligez de luy rendre toutte cette Coste, qui incontestablement est
partie de la Nouvelle france, Comme je L'ay prouvé cy devant et encore plus
au long dans mon 1r memoire et Comme le prouvent Verazan, Champlain,
Denis, et toutes les plus ancienes Cartes de l'amerique septentrionale....
"Or Le Commun Consentement de toute l'Europe est de depeindre la Nouvelle
france S'étendant au moins au 35e et 36e degrez de latitude Ainsy qu'il
appert par les mappemondes imprimées en Espagne, Italie, hollande,
flandres, allemagne Et Angleterre même, Sinon depuis que les Anglois se
sont Emparez des Costes de la Nouvelle france, ou est L'Acadie, Etechemains
L'almouchicois, et la grande riviere de St. l'aurens, ou ils ont imposé a
leur fantaisie des Noms de nouvelle Angleterre, Ecosse, et autres, mais il
est mal aisé de pouvoir Effacer une chose qui est Connué De toute la
Chretienteé D'ou je Conclus,
"1. Quavant L'Usurpation faite par les Anglois, toute Cette Coste jusqu'au
35e Degre s'appelloit Nouvelle france, laquelle Comprenoit outre plusieurs
autres provinces, l'Etechemains, L'almouchicois, et L'acadie....
"Les Anglois Doivent remettre à La france le Port Royal, et La france doit
insister vigoureusement sur cette restitution, et ordonner aux françois de
Port Royal, Des Mines, et de Beaubassin, et autres lieux De reconaitre sa
Majesté tres Chretiene pour leur Souverain, et leur deffendre d'obeir a
aucun autre; de plus Commander a tous ces lieux et payis, et a toute la
partie Septentrionale de la Peninsule, ainsi qu'aux payis des Almouchicois
et des Etechemains [_Maine, New Hampshire, and Massachusetts_], de
Reconaitre le gouverneur de l'isle Royale pour leur Gouverneur.
"Il Est même apropos De Comprendre Dans le Brevet de gouverneur de L'isle
Royale tous ces payis jusqu'au Cap Cod....
"Que La france ne doit point souffrir que les Anglois s'etablissent Dans
les payis qu'elle n'a pas Cedez.
"Qu'elle Doit incessament s'en remettre en possession, y Envoyer quantite
D'habitans, et s'y fortifier de maniere qu'on puisse Arrêter les Anglois
que depuis long tems tachent de s'emparer de l'amerique francoise dont ils
Conaissent L'importance, et dont ils feroient un meilleur usage que celuy
que les francois en font....
"Si les Anglois disent que les payis qui sont entre les rivieres de
quinibequi [_Kennebec_] et de Ste. Croix font partie de la Nouvelle
Angleterre.
JE LEURS REPONS
"1. Qu'ils scavent bien le Contraire, que Ces payis ont toujours fait
partie de la Nouvelle france, que Les francois les ont toujours possedez et
habitez, que Mons'r De St. Castin gentilhomme francois a toujours eu, et a
encore son habitation entre la Riviere de Quinibequi et celle de Pentagoet
[_Penobscot_] (que même depuis les usurpations des anglois et leurs
etablissements, dans leur Prétenduë Nouvelle Angleterre) les francois ont
toujours prétendu que la Nouvelle france s'etend qusqu'au Cap Cod et qu'il
en est fait mention dans toutes les patentes de gouverneurs francois.
"2. Que De L'aveu même des Anglois, la Nouvelle Angleterre a une tres
petite Etenduë du Costé de L'est, il est facile de le prouver par eux
mêmes.
"J'ay Lu une description de la Nouvelle Angleterre et des autres Colonies
Angloises, Composée par un Anglois, traduite en francois, imprimée à Paris
en 1674 par Loüis Billaine, voicy les propres termes de Cet autheur
Anglois, La Nouvelle Angleterre est au Septentrion de Marylande, au raport
du Capitaine Smith, elle a prez de 25 Lieuës de Coste de mer.
"Ainsi selon les Anglois qui sont de Bonne foy, la Nouvelle Angleterre, qui
n'a que prez de 25 lieuës de Coste de mer, ne scauroit s'etendre jusqu'e á
La Riviere de Quinebequi. C'est tout au plus si elle s'etend jusqu'a deux
ou trois lieuës à l'est De Baston.
"Il Semble même que les Anglois ont basti Baston, et en ont fait une ville
Considerable à l'extremeté de leur pretenduë Nouvelle Angleterre.
"1. Pour être a portée et en Etat de s'emparer sur les francois de tout ce
qui est à L'est de Baston.
"2. Pour être en Etat d'Empecher les francois de s'etablir sur toute Cette
Coste jusqu à La Karoline inclusivement, laquelle Coste etant de Notorieté
publique de la Nouvelle france, à eté usurpez sur La france a qui elle
appartenoit alors, et luy appartient Encore, ne L'ayant jamais cedeé. C'est
ce que je vais prouver.
"Apres Avoir Invinciblement Convaincu les Anglois que tout ce qui est a
L'est de quinibequi a Toujours appartenu et appartient encore à La france,
excepté L'Acadie selon ses Ancienes limites, qu'elle a Cedée par force a
L'Angleterre par La paix d'utrecht.
"Il faut Que Presentement je prouve que toute La Coste depuis la Riviere
quinibequi jusqu' à La Caroline inclusivement appartient par toutes sortes
de droits à La france. Sur qui les Anglois L'ont usurpeé, voicy une partie
de mes preuves.
"Les françois ont decouvert tous ces payis Avant les Anglois, et en ont
pris possession avant Eux. Les Roys de france ont nommé ces payis Caroline
et Nouvelle france avant que les Anglois leurs eussent donné des Noms á
leur mode pour faire oublier les Noms que les francois Leurs avoient
imposez. Et que ces payis Appartenoient à La france.
"Les Roys de france ont Donné des lettres patentes à leurs sujets pour
posseder et habiter ces payis, avant que Jacques 1r et Charles 1r Roys
d'Angleterre en eussent donne à Leurs sujets.
"Pour Convaincre les Anglois de ces veritées il faut Lire avec attention ce
qu'en ont Ecrit Jean verazan, Champlain, Laet, Denis.
"Les traitez faits Entre La france et L'Angleterre, et Le memoire que j'ay
presenté L'anneé Dernier 1719.
"On y Trouvera tant de Choses, lesquelles il seroit trop long de Copier
icy, qui prouvent que ces payis ont toujours appartenu de droit a La
france, et que les Anglois s'en sont emparez par force, que La france ne
les a jamais Cedez à l'angleterre par aucun traité, que je scache.
"Et Partant que La france Conserve toujours son droit sur tous ces payis,
et qu'elle a droit de les redemander à l'Angleterre. Comme elle les
redemande présentement, ou Bien un Equivalent.
"L'Equivalent que la france demande et dont elle veut bien se Contenter,
C'est la restitution de tout ce qu'elle a Cedéé par force à L'Angleterre
par Le traité D'utrecht.
"Il Est De l'honeur et de l'interest de l'angleterre d'accorder à la france
cette Equivalent.
"1. Parceque n'y ayant point D'honeur à profiter des Malheurs D'un Roy pour
Luy faire Ceder par force les payis qui luy appartiennent, il est de
l'honeur de L'Angleterre de rendre a la france, ce qu'elle a eté Contrainte
de luy ceder, et qu'elle ne possede qu'a ce mauvais tiltre.
"2. Il est aussi Contre la justice et l'honeur de l'angleterre de posseder
sans aucun Tiltre, et Contre toute justice les payis qui sont depuis la
Riviere de quinibequi jusqu'à la Caroline inclusivement.
"3. Il N'est pas moins de l'honeur et de l'interest de l'angleterre de
profiter du moyen que la france veut bien luy presenter, pour sassurer a
perpetuite toute Cette Coste, et pour la posseder justem't par la Cession
que la france en fera, et de tous ses droits sur ces payis moyennant
L'Equivalent proposé.
"4. Parceque L'Angleterre doit Craindre que la france, dont elle ne Doit
mepriser ni le Ressentiment ni la puissance, ne trouve une Conjoncture
favorable pour faire valoir ses pretensions et ses droits, et pour Rentrer
en possession de tout ce que L'Angleterre Luy a usurpée, et de tout ce
qu'elle l'a obligé par force de luy Ceder.
"5. Quand on veut trop avoir, souvent on n'a Rien, et même on perd ce que
L'on Avoit. Il est donc de la sagesse Et de l'interest de l'Angleterre de
ne pas pousser trop loin ses demandes, et de Convenir avec La france de
sorte qu'elle puisse posseder Avec justice et tranquillement des payis que
la france Aura toujours droit de reprendre jusqu'a ce qu'elle en ait fait
une Cession libre et volontaire, et qu'il paroisse que L'Angleterre En
faveur de Cette Cession luy ait donné un Equivalent.
"La france s'offre donc pour vivre en paix avec l'Angleterre de luy Ceder
tous ses droits sur toute la Coste qui est entre la riviere de quinibequi
dans la Nouvelle france jusqu'a la Riviere Jourdain, dans la Caroline, de
sorte que ces deux rivieres servent de limites aux francois et aux Anglois.
"La france Demande pour Equivalent de la Cession de tant de payis, si
grands, si beaux, et si a sa biensceance que l'Angleterre luy rende Et
restituë tout ce qu'elle luy á cedé par le traité Dutrecht.
"Si La france ne peut pas engager L'Angleterre à convenir de Cet
Equivalent, Elle pouroit (mais Ce ne doit être qu'a L'extremité) Ceder
Encore à l'Angleterre la Caroline francoise, C'est a dire, ce qui est au
sud de la Riviere Jourdain, Ou bien Ce qui est Entre la Riviere quinibequi,
et Celle de Pentagoet. Ou bien leur offrir une somme D'argent.
"Il Semble que L'Angleterre doive estimer Comme un grand Avantage pour
Elle, que La france veuille bien Convenir de Cet Equivalent, qui Assure Aux
Anglois et leur rend legitime La possession de Cette grande etenduë de
Costes qu'ils ont usurpez sur La france, qui ne les a jamais Cedez, qui ne
les Cedera jamais, et sur lesqu'elles elle Conservera toujours ses
legitimes droit et pretensions, jusqu'a ce qu'elle les ait Cédeés a
L'angleterre moyennant un Equivalent raisonnable tel qu'est la Restitution
de tout ce que La France luy a Cedé par force a Utrecht.
LIMITES.
"Suposeé L'acceptation de Cet Equivalent par L'une et l'autre Nation.
"La france toujours genereuse Consentira pour vivre en paix avec les
Anglois, qu'une ligne tirée depuis l'embouchure de la Riviere de
quinibequi, ou bien, depuis l'embouchure de la Riviere de Pentagoet, qui
ira tout droit passer á egale distance entre Corlard [_Schenectady_]
et les lacs de Champlain et du Saint Sacrement, et joindre la ligne par
laqu'elle le sieur de L'isle geographe termine les terres Angloises,
jusqu'a la Riviere Jourdain, ou bien jusqu'a La Caroline inclusivem't. La
france dis-je Consentira que cette ligne serve De borne et limites aux
terres des deux Nations, de sorte que tous les payis et terres qui sont
entre Cette ligne et la mer appartiendront à L'Angleterre, et que tout ce
qui sera au dela de cette ligne appartiendra a La france.
"Dans Le fond il est avantageux a la france de faire incessament regler les
limites, tant pour Empecher les Anglois d'empieter toujours de plus en plus
sous pretexte de limites Non regleés, que parcequ'il est assuré que si le
droit de la france est bien soutenu le réglement lui sera Avantageux, aussi
bien que l'equivalent que j'ay proposé.
"Mais il pouroit arriver que les Anglois qui ont demandé le Reglement des
limites, voyant qu'il ne doit pas leur etre favorable s'il est fait selon
la justice, pourroient bien eux mêmes l'eloigner, afin de pouvoir toujours
empieter sur les francois sous pretexte de limites non regleés, et de se
mettre toujours en possession des payis Appartenans à la france.
"En ce Cas et aussi au Cas que les Anglois ne veullent pas restituer a la
france leur Nouvelle Angleterre et autres payis jusqu'a la Caroline
inclusivement qu'ils luy ont usurpez, ou bien leur rendre L'Acadie &c pour
l'equivalent Dont j'ay parlé.
"1. Il faut que la france mette incessament quantité d'habitans dans le
payis qui est entre la riviere de quinibequi et Celle de Ste. Croix, lequel
payis qui selon les Anglois N'est point en Litige, ni partie de la
pretenduë Nouvelle Ecosse, même, selon l'etendue imaginaire que luy á
donnée leur Roy Jacques 1er qui ne la fait Commancer qu'a La riviere Ste.
Croix, et Celle de quinibequi N'ayant jamais eté Cedé ni par le traite
D'utrecht ni par Aucun autre que je scache, et ce payis Ayant toujours
appartenu a La france, et eté par elle possedez et habité, Mr. de St.
Castin gentilhomme francois ayant son habitation entre la riviere de
Pentagoet et Celle de quinibequi comme je l'ay Deja dit.
"2. On peut même faire entendre a L'Angleterre que Le Roy donnera Ce payis
a la Compagnie des Indes qui scaura bien le deffendre et le faire valoir.
"Que Le Roy donnera aussi a la Compagnie des Indes la Caroline francoise,
Comme depandance et province de la loüisiane, a Condition qu'elle y mettera
des habitans, et y fera bâtir de bons forts, et une bonne Citadelle pour
soutenir et deffendre ce beau payis Contre les Anglois.
"Il Est Certain que si le Roy fait entendre serieusement qu'il est resolu
de donner à la Compagnie des Indes non seulement La Caroline francoise, et
le payis qui est entre les Rivieres de quinibequi et de Ste. Croix, mais
aussi de luy Ceder et abandonner tous ses droits sur tous les payis que les
Anglois ont usurpez sur la france.
"Il Est Certain Dis je, que les Anglois, Crainte D'Avoir affaire avec une
Compagnie si puissante, se resoudront au Reglement des limites, tel que je
l'ay proposé, et à rendre a la france toute la Nouvelle Ecosse ou Acadie
selon ses Ancienes limites, Enfin tout ce que la france leur à Cedez a
Utrecht, moyennant une somme D'Argent, ou bien L'equivalent que j'ay Aussi
proposé.
"Je finis Ce memoire en priant de faire une tres serieuse attention aux
Exorbitantes prétensions des Anglois et a tout ce qu'ils ont fait Et font
encore pour se rendre maitres de la pesche la Moluë, et de L'Amerique
francoise.
"En Effet il est tres important que quand on traitera du reglement des
limites, La france attaque les Anglois au lieu d'etre sur La defensive,
C'est a dire, qu'elle doit demander aux Anglois tout ce qu'ils ont usurpez
sur Elle, et le demander vigoureusement.
"C'est peut être le meilleur moyen de les mettre a la Raison, il est même
apropos qu'elle les presse de finir Cette affaire, Dont sans doute La
Conclusion luy sera Avantageuse, si on luy rend justice."
II.
DEMANDES DE LA FRANCE (1723).
_Archives du Ministère des Affaires Etrangères.
(Literatim.)_
"Pour tous les Raisons deduites cy devant La france demande a Langleterre.
"1. Qu'Elle laisse jouir Tranquillement la france de Tous les pays qui sont
a L'Est de la riviere Quinibequi ou de Celle de St. Georges excepté de la
seulle ville de Port Royal avec sa banlieüe et de L'accadie selon ses
anciennes Limites, C'Est a dire La partie Meridionale de la Peninsule
depuis le Cap fourchu jusqua Camseau Exclusivement, Que la france a cedée
par la traite d'Utrecht, Tout le reste qui est a L'Est de Quinibequi
[_Kennebec_], appartenant a La France en tout souveraineté depuis L'an
1524. Laquélle ne la jamais cedé ny par le Traitté d'Utrecht ny par aucun
autre traitté.
"2. Que les Anglois Laissent Vivre Tranquillement sous la domination du Roy
les nations Sauvages qui sont dans Les payis a L'Est de Quinibequi et
qu'ils Ninquietent point les Missionnaires qui demeureront Chés les d.
Nations Ny les françois qui Iront Chés Elles.
"3. Que Les Anglois restituent a la france ce qu'ils ont occupé a L'Est de
Quinibequi et qu'ils ne Trouvent pas mauvais que les françois prennent
detruisent ou gardent les forts Postes et habitations, que les Anglois ont
Etablis, ou Etabliront dans tous les Pays a L'Est de Quinibiqui, ou de la
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