La Chartreuse de Parme
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Fabrice parut dans la chaire il ‚tait si maigre, si pƒle, tellement
consum‚, que les yeux de Cl‚lia se remplirent de larmes … l'instant.
Fabrice dit quelques paroles, puis s'arrˆta, comme si la voix lui
manquait tout … coup; il essaya vainement de commencer quelques
phrases; il se retourna, et prit un papier ‚crit.
- Mes frŠres, dit-il, une ƒme malheureuse et bien digne de toute votre
piti‚ vous engage, par ma voix, … prier pour la fin de ses tourments,
qui ne cesseront qu'avec sa vie.
Fabrice lut la suite de son papier fort lentement; mais l'expression de
sa voix ‚tait telle, qu'avant le milieu de la priŠre tout le monde
pleurait, mˆme le Gonzo."Au moins on ne me remarquera pas, se disait la
marquise en fondant en larmes."
Tout en lisant le papier ‚crit, Fabrice trouva deux ou trois id‚es sur
l'‚tat de l'homme malheureux pour lequel il venait solliciter les
priŠres des fidŠles. Bient“t les pens‚es lui arrivŠrent en foule. En
ayant l'air de s'adresser au public, il ne parlait qu'… la marquise. Il
termina son discours un peu plus t“t que de coutume, parce que, quoi
qu'il p–t faire, les larmes le gagnaient … un tel point qu'il ne
pouvait plus prononcer d'une maniŠre intelligible. Les bons juges
trouvŠrent ce sermon singulier, mais ‚gal au moins, pour le path‚tique,
au fameux sermon prˆch‚ aux lumiŠres. Quant … Cl‚lia, … peine eut-elle
entendu les dix premiŠres lignes de la priŠre lue par Fabrice, qu'elle
regarda comme un crime atroce d'avoir pu passer quatorze mois sans le
voir. En rentrant chez elle, elle se mit au lit pour pouvoir penser …
Fabrice en toute libert‚; et le lendemain, d'assez bonne heure, Fabrice
re‡ut un billet ainsi con‡u:
On compte sur votre honneur; cherchez quatre braves de la discr‚tion
desquels vous soyez s–r, et demain au moment o— minuit sonnera … la
Steccata, trouvez-vous prŠs d'une petite porte qui porte le num‚ro 19,
dans la rue Saint-Paul'. Songez que vous pouvez ˆtre attaqu‚, ne venez
pas seul.
En reconnaissant ces caractŠres divins, Fabrice tomba … genoux et
fondit en larmes.
- Enfin! s'‚cria-t-il, aprŠs quatorze mois et huit jours! Adieu les
pr‚dications.
Il serait bien long de d‚crire tous les genres de folies auxquels
furent en proie, ce jour-l…, les cours de Fabrice et de Cl‚lia. La
petite porte indiqu‚e dans le billet n'‚tait autre que celle de
l'orangerie du palais Crescenzi, et, dix fois dans la journ‚e, Fabrice
trouva le moyen de la voir. Il prit des armes, et seul, un peu avant
minuit, d'un pas rapide, il passait prŠs de cette porte, lorsque … son
inexprimable joie, il entendit une voix bien connue, lui dire d'un ton
trŠs bas:
- Entre ici, ami de mon coeur.
Fabrice entra avec pr‚caution, et se trouva … la v‚rit‚ dans
l'orangerie, mais vis-…-vis une fenˆtre fortement grill‚e et ‚lev‚e,
au-dessus du sol, de trois ou quatre pieds. L'obscurit‚ ‚tait profonde,
Fabrice avait entendu quelque bruit dans cette fenˆtre, et il en
reconnaissait la grille avec la main, lorsqu'il sentit une main, pass‚e
… travers les barreaux, prendre la sienne et la porter … des lŠvres qui
lui donnŠrent un baiser.
- C'est moi, lui dit une voix ch‚rie, qui suis venue ici pour te dire
que je t'aime, et pour te demander si tu veux m'ob‚ir.
On peut juger de la r‚ponse, de la joie, de l'‚tonnement de Fabrice;
aprŠs les premiers transports, Cl‚lia lui dit:
- J'ai fait voeu … la Madone, comme tu sais, de ne jamais te voir;
c'est pourquoi je te re‡ois dans cette obscurit‚ profonde. Je veux bien
que tu saches que, si jamais tu me for‡ais … te regarder en plein jour,
tout serait fini entre nous. Mais d'abord, je ne veux pas que tu
prˆches devant Anetta Marini, et ne va pas croire que c'est moi qui ai
eu la sottise de faire porter un fauteuil dans la maison de Dieu.
- Mon cher ange, je ne prˆcherai plus devant qui que ce soit; je n'ai
prˆch‚ que dans l'espoir qu'un jour je te verrais.
- Ne parle pas ainsi, songe qu'il ne m'est pas permis … moi de te voir.
Ici, nous demandons la permission de passer, sans en dire un seul mot,
sur un espace de trois ann‚es.
A l'‚poque o— reprend notre r‚cit, il y avait d‚j… longtemps que le
comte Mosca ‚tait de retour … Parme, comme premier ministre, plus
puissant que jamais.
AprŠs ces trois ann‚es de bonheur divin, l'ƒme de Fabrice eut un
caprice de tendresse qui vint tout changer. La marquise avait un
charmant petit gar‡on de deux ans Sandrino, qui faisait la joie de sa
mŠre'; il ‚tait toujours avec elle ou sur les genoux du marquis
Crescenzi; Fabrice, au contraire, ne le voyait presque jamais; il ne
voulut pas qu'il s'accoutumƒt … ch‚rir un autre pŠre. Il con‡ut le
dessein d'enlever l'enfant avant que ses souvenirs fussent bien
distincts.
Dans les longues heures de chaque journ‚e o— la marquise ne pouvait
voir son ami, la pr‚sence de Sandrino la consolait, car nous avons …
avouer une chose qui semblera bizarre au nord des Alpes, malgr‚ ses
erreurs elle ‚tait rest‚e fidŠle … son voeu; elle avait promis … la
Madone, l'on se le rappelle peut-ˆtre, de ne jamais voir Fabrice:
telles avaient ‚t‚ ses paroles pr‚cises: en cons‚quence elle ne le
recevait que de nuit, et jamais il n'y avait de lumiŠre dans
l'appartement.
Mais tous les soirs, il ‚tait re‡u par son amie; et, ce qui est
admirable, au milieu d'une cour d‚vor‚e par la curiosit‚ et par
l'ennui, les pr‚cautions de Fabrice avaient ‚t‚ si habilement
calcul‚es, que jamais cette amicizia, comme on dit en Lombardie, ne fut
mˆme soup‡onn‚e. Cet amour ‚tait trop vif pour qu'il n'y e–t pas des
brouilles; Cl‚lia ‚tait fort sujette … la jalousie, mais presque
toujours les querelles venaient d'une autre cause. Fabrice avait abus‚
de quelque c‚r‚monie publique pour se trouver dans le mˆme lieu que la
marquise et la regarder, elle saisissait alors un pr‚texte pour sortir
bien vite, et pour longtemps exilait son ami.
On ‚tait ‚tonn‚ … la cour de Parme de ne connaŒtre aucune intrigue …
une femme aussi remarquable par sa beaut‚ et l'‚l‚vation de son esprit;
elle fit naŒtre des passions qui inspirŠrent bien des folies, et
souvent Fabrice aussi fut jaloux.
Le bon archevˆque Landriani ‚tait mort depuis longtemps; la pi‚t‚, les
moeurs exemplaires, l'‚loquence de Fabrice l'avaient fait oublier, son
frŠre aŒn‚ ‚tait mort, et tous les biens de la famille lui ‚taient
arriv‚s. A partir de cette ‚poque il distribua chaque ann‚e aux
vicaires et aux cur‚s de son diocŠse les cent et quelque mille francs
que rapportait l'archevˆch‚ de Parme.
Il e–t ‚t‚ difficile de rˆver une vie plus honor‚e plus honorable et
plus utile que celle que Fabrice s'‚tait faite, lorsque tout fut
troubl‚ par ce malheureux caprice de tendresse.
- D'aprŠs ce voeu que je respecte et qui fait pourtant le malheur de ma
vie puisque tu ne veux pas me voir de jour, dit-il un jour … Cl‚lia, je
suis oblig‚ de vivre constamment seul, n'ayant d'autre distraction que
le travail; et encore le travail me manque. Au milieu de cette fa‡on
s‚vŠre et triste de passer les longues heures de chaque journ‚e, une
id‚e s'est pr‚sent‚e, qui fait mon tourment et que je combats en vain
depuis six mois: mon fils ne m'aimera point; il ne m'entend jamais
nommer. Elev‚ au milieu du luxe aimable du palais Crescenzi, … peine
s'il me connaŒt. Le petit nombre de fois que je le vois, je songe … sa
mŠre, dont il me rappelle la beaut‚ c‚leste et que je ne puis regarder,
et il doit me trouver une figure s‚rieuse, ce qui, pour les enfants,
veut dire triste.
- Eh bien! dit la marquise, o— tend tout ce discours qui m'effraye?
- A ravoir mon fils; je veux qu'il habite avec moi; je veux le voir
tous les jours, je veux qu'il s'accoutume … m'aimer; je veux l'aimer
moi-mˆme … loisir. Puisqu'une fatalit‚ unique au monde veut que je sois
priv‚ de ce bonheur dont jouissent tant d'ƒmes tendres, et que je ne
passe pas ma vie avec tout ce que j adore, je veux du moins avoir
auprŠs de moi un ˆtre qui te rappelle … mon coeur, qui te remplace en
quelque sorte. Les affaires et les hommes me sont … charge dans ma
solitude forc‚e; tu sais que l'ambition a toujours ‚t‚ un mot vide pour
moi, depuis l'instant o— j'eus le bonheur d'ˆtre ‚crou‚ par Barbone, et
tout ce qui n'est pas sensation de l'ƒme me semble ridicule dans la
m‚lancolie qui loin de toi m'accable.
On peut comprendre la vive douleur dont le chagrin de son ami remplit
l'ƒme de la pauvre Cl‚lia; sa tristesse fut d'autant plus profonde
qu'elle sentait que Fabrice avait une sorte de raison. Elle alla
jusqu'… mettre en doute si elle ne devait pas tenter de rompre son
voeu. Alors elle e–t re‡u Fabrice de jour comme tout autre personnage
de la soci‚t‚, et sa r‚putation de sagesse ‚tait trop bien ‚tablie pour
qu'on en m‚dŒt. Elle se disait qu'avec beaucoup d'argent elle pouvait
se faire relever de son voeu; mais elle sentait aussi que cet
arrangement tout mondain ne tranquilliserait pas sa conscience, et
peut-ˆtre le ciel irrit‚ la punirait de ce nouveau crime.
D'un autre c“t‚, si elle consentait … c‚der au d‚sir si naturel de
Fabrice, si elle cherchait … ne pas faire le malheur de cette ƒme
tendre qu'elle connaissait si bien, et dont son voeu si singulier
compromettait si ‚trangement la tranquillit‚ quelle apparence d'enlever
le fils unique d'un des plus grands seigneurs d'Italie sans que la
fraude f–t d‚couverte? Le marquis Crescenzi prodiguerait des sommes
‚normes, se mettrait lui-mˆme … la tˆte des recherches, et t“t ou tard
l'enlŠvement serait connu. Il n'y avait qu'un moyen de parer … ce
danger, il fallait envoyer l'enfant au loin, … Edimbourg, par exemple,
ou … Paris; mais c'est … quoi la tendresse d'une mŠre ne pouvait se
r‚soudre. L'autre moyen propos‚ par Fabrice, et en effet le plus
raisonnable, avait quelque chose de sinistre augure et de presque
encore plus affreux aux yeux de cette mŠre ‚perdue il fallait, disait
Fabrice, feindre une maladie; l'enfant serait de plus en plus mal enfin
il viendrait … mourir pendant une absence du marquis Crcscenzi.
Une r‚pugnance qui, chez Cl‚lia, allait jusqu'… la terreur, causa une
rupture qui ne put durer.
Cl‚lia pr‚tendait qu'il ne fallait pas tenter Dieu que ce fils si ch‚ri
‚tait le fruit d'un crime, et que, si encore l'on irritait la colŠre
c‚leste, Dieu ne manquerait pas de le retirer … lui. Fabrice reparlait
de sa destin‚e singuliŠre:
- L'‚tat que le hasard m'a donn‚, disait-il … Cl‚lia, et mon amour
m'obligent … une solitude ‚ternelle, je ne puis, comme la plupart de
mes confrŠres, avoir les douceurs d'une soci‚t‚ intime, puisque vous ne
voulez me recevoir que dans l'obscurit‚, ce qui r‚duit … des instants,
pour ainsi dire, la partie de ma vie que je puis passer avec vous.
Il y eut bien des larmes r‚pandues. Cl‚lia tomba malade, mais elle
aimait trop Fabrice pour se refuser constamment au sacrifice terrible
qu'il lui demandait. En apparence, Sandrino tomba malade; le marquis se
hƒta de faire appeler les m‚decins les plus c‚lŠbres, et Cl‚lia
rencontra dŠs cet instant un embarras terrible qu'elle n'avait pas
pr‚vu; il fallait empˆcher cet enfant ador‚ de prendre aucun des
remŠdes ordonn‚s par les m‚decins, ce n'‚tait pas une petite affaire.
L'enfant, retenu au lit plus qu'il ne fallait pour sa sant‚, devint
r‚ellement malade. Comment dire au m‚decin la cause de ce mal? D‚chir‚e
par deux int‚rˆts contraires et si chers, Cl‚lia fut sur le point de
perdre la raison. Fallait-il consentir … une gu‚rison apparente et
sacrifier ainsi tout le fruit d'une feinte si longue et si p‚nible?
Fabrice, de son c“t‚, ne pouvait ni se pardonner la violence qu'il
exer‡ait sur le coeur de son amie, ni renoncer … son projet. Il avait
trouv‚ le moyen d'ˆtre introduit toutes les nuits auprŠs de l'enfant
malade, ce qui avait amen‚ une autre complication. La marquise venait
soigner son fils, et quelquefois Fabrice ‚tait oblig‚ de la voir … la
clart‚ des bougies, ce qui semblait au pauvre coeur malade de Cl‚lia un
p‚ch‚ horrible et qui pr‚sageait la mort de Sandrino. C'‚tait en vain
que les casuistes les plus c‚lŠbres, consult‚s sur l'ob‚issance … un
voeu, dans le cas o— l'accomplissement en serait ‚videmment nuisible,
avaient r‚pondu que le voeu ne pouvait ˆtre consid‚r‚ comme rompu d'une
fa‡on criminelle, tant que la personne engag‚e par une promesse envers
la Divinit‚ s'abstenait non pour un vain plaisir des sens, mais pour ne
pas causer un mal ‚vident. La marquise n'en fut pas moins au d‚sespoir,
et Fabrice vit le moment o— son id‚e bizarre allait amener la mort de
Cl‚lia et celle de son fils.
Il eut recours … son ami intime, le comte Mosca, qui tout vieux
ministre qu'il ‚tait, fut attendri de cette histoire d'amour qu'il
ignorait en grande partie.
- Je vous procurerai l'absence du marquis pendant cinq ou six jours au
moins: quand la voulez-vous?
A quelque temps de l…, Fabrice vint dire au comte que tout ‚tait
pr‚par‚ pour que l'on p–t profiter de l'absence.
Deux jours aprŠs, comme le marquis revenait d'une de ses terres aux
environs de Mantoue, des brigands, sold‚s apparemment par une vengeance
particuliŠre, l'enlevŠrent, sans le maltraiter en aucune fa‡on, et le
placŠrent dans une barque, qui employa trois jours … descendre le P“ et
… faire le mˆme voyage que Fabrice avait ex‚cut‚ autrefois aprŠs la
fameuse affaire Giletti. Le quatriŠme jour, les brigands d‚posŠrent le
marquis dans une Œle d‚serte du P“, aprŠs avoir eu le soin de le voler
complŠtement, et de ne lui laisser ni argent ni aucun effet ayant la
moindre valeur. Le marquis fut deux jours entiers avant de pouvoir
regagner son palais … Parme; il le trouva tendu de noir et tout le
monde dans la d‚solation.
Cet enlŠvement, fort adroitement ex‚cut‚, eut un r‚sultat bien funeste:
Sandrino, ‚tabli en secret dans une grande et belle maison o— la
marquise venait le voir presque tous les jours, mourut au bout de
quelques mois. Cl‚lia se figura qu'elle ‚tait frapp‚e par une juste
punition, pour avoir ‚t‚ infidŠle … son voeu … la Madone: elle avait vu
si souvent Fabrice aux lumiŠres, et mˆme deux fois en plein jour et
avec des transports si tendres, durant la maladie de Sandrino! Elle ne
surv‚cut que de quelques mois … ce fils si ch‚ri, mais elle eut la
douceur de mourir dans les bras de son ami.
Fabrice ‚tait trop amoureux et trop croyant pour avoir recours au
suicide; il esp‚rait retrouver Cl‚lia dans un meilleur monde, mais il
avait trop d'esprit pour ne pas sentir qu'il avait beaucoup … r‚parer.
Peu de jours aprŠs la mort de Cl‚lia, il signa plusieurs actes par
lesquels il assurait une pension de mille francs … chacun de ses
domestiques, et se r‚servait, pour lui-mˆme, une pension ‚gale; il
donnait des terres, valant cent mille livres de rente … peu prŠs, … la
comtesse Mosca; pareille somme … la marquise del Dongo, sa mŠre, et ce
qui pouvait rester de la fortune paternelle, … l'une de ses soeurs mal
mari‚e. Le lendemain, aprŠs avoir adress‚ … qui de droit la d‚mission
de son archevˆch‚ et de toutes les places dont l'avaient successivement
combl‚ la faveur d'Ernest V et l'amiti‚ du premier ministre, il se
retira … la chartreuse de Parme, situ‚e dans les bois voisins du P“, …
deux lieues de Sacca.
La comtesse Mosca avait fort approuv‚, dans le temps, que son mari
reprit le ministŠre, mais jamais elle n'avait voulu consentir … rentrer
dans les Etats d'Ernest V. Elle tenait sa cour … Vignano, … un quart de
lieue de Casal Maggiore, sur la rive gauche du P“, et par cons‚quent
dans les Etats de l'Autriche. Dans ce magnifique palais de Vignano, que
le comte lui avait fait bƒtir, elle recevait les jeudis toute la haute
soci‚t‚ de Parme, et tous les jours ses nombreux amis. Fabrice n'e–t
pas manqu‚ un jour de venir … Vignano. La comtesse en un mot r‚unissait
toutes les apparences du bonheur, mais elle ne surv‚cut que fort peu de
temps … Fabrice, qu'elle adorait, et qui ne passa qu'une ann‚e dans sa
chartreuse.
Les prisons de Parme ‚taient vides, le comte immens‚ment riche, Ernest
V ador‚ de ses sujets qui comparaient son gouvernement … celui des
grands-ducs de Toscane.
TO THE HAPPY FEW
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